Au sein du mouvement des Grands Frères Grandes Soeurs, nous croyons que tous les enfants devraient avoir la chance d’atteindre leur plein potentiel, en tant qu’individus et citoyens. Nous croyons qu’en changeant le cours de la vie des jeunes, nous pouvons en retour changer le cours de l’avenir de la communauté.
Le Blogue des GFGSC est une plateforme que nous utiliserons pour sensibiliser la population sur les problématiques clés auxquels les jeunes d’aujourd’hui font face. Parfois, nous plaiderons pour notre cause, parfois, nous chercherons à éduquer, informer, poser des questions, mais nous désirons en tout temps susciter la discussion sur les problématiques les plus pressantes qui affectent les générations de jeunes d’aujourd’hui.


vendredi 21 juin 2013

Ils m’en ont appris beaucoup plus qu’ils n’ont appris de moi...

Un reflet de notre travail dans la communauté Flying Dust

par Karen Shaver
V.P., des services aux agences
Lorsque je m’assois calmement, je peux entendre les tambours résonnant au rythme des battements de cœur des danseurs tourbillonnant autour du mat, évoquant des mouvements de chasseurs et d’animaux. Les yeux fermés, je vois encore les plumes et le perlage élaboré, minutieusement cousu sur la peau de daim par les mères, les tantes et les grands-mères. Je peux aisément m’imaginer, des siècles auparavant, à quel point il était difficile de fabriquer des habits, à quel point les chants et les danses étaient fascinants pour les jeunes enfants rassemblés autour du feu.

J’ai eu le bonheur, dans le cadre de mes fonctions au sein des Grands Frères Grandes Sœurs du Canada, de pouvoir travailler avec les habitants de Première Nation de Flying Dust afin d’agrandir nos programmes de mentorat dans leur communauté. Flying Dust, qui se dit « Kopahawakenum » en langue crie et « poussières projetées » en français, est une petite communauté située en Saskatchewan comptant environ 500 membres sur la réserve. Même si j’étais enthousiasmée d’avoir la chance de travailler avec cette communauté afin de déterminer de quelle façon nous pourrions offrir des programmes de mentorat des Grands Frères Grandes Sœurs à Flying Dust, j’étais également très incertaine. Dans une communauté où tout le monde se connaît, là où, en fait, bon nombre de gens ont des liens de parenté d'une manière ou d'une autre, comment assurer la confidentialité? Dans une communauté où les bénévoles ont déjà beaucoup de pain sur la planche, comment trouveront-ils du temps à consacrer à une autre initiative de bénévolat? Comment pourrais-je parler, sans me sentir trop ridicule, de concept de mentorat structuré dans une communauté où la connaissance et l’histoire sont traditionnellement transmises sous forme de mentorat informel?

Après plusieurs visites, des rencontres avec la communauté, ma participation à une fête de la moisson et une danse pow-wow, le programme a été lancé sous le nom de Nistesak ekwa Nimisak. Neuf élèves du secondaire cries et métis ont mentoré neuf élèves de l’école primaire Kopahawakenum au cours d’une année scolaire. L’évaluation des initiatives a révélé des progrès positifs chez les enfants et chez les jeunes, et ce, particulièrement en termes de lien avec la communauté, d’engagement civique et d’attitude envers l’école.

Bruce MacDonald (left), president and CEO of Big Brothers Big Sisters of Canadaand Flying Dust First Nation Chief Jim Norman signed the agreement in 2011 to work together.
Travailler en partenariat avec des membres de la communauté Flying Dust m’a beaucoup appris : si un partenariat sain avec les Premières Nations repose sur les relations, il est donc important de s’investir suffisamment afin de bâtir une vraie relation; la confidentialité n’est pas importante chez les Premières Nations (si tu ne sais pas que des gens ont besoin d’aide, comment peux-tu les aider??); et, rétrospectivement, sans surprise, la Loi sur les Indiens est l’un des plus grands obstacles à la réussite des communautés des Premières Nations. Toute mesure pouvant être prise pour rectifier les injustices codifiées dans cette loi doit être prise.

D’une certaine manière, je comptais pouvoir apporter les ressources d’une organisation caritative nationale afin d’assister une communauté des Premières Nations demandant de l’aide. J’ai trouvé une communauté résiliente et solide qui fait son possible pour conseiller et diriger les enfants et les jeunes qui y vivent. Leur culture est forte et vibrante. Leur leadership est visionnaire. Les jeunes ont de l’espoir face à l’avenir. Ils ne nécessitaient qu’un peu de mon soutien.

Et tout comme nos mentors des Grands Frères Grandes Sœurs le disent à propos de leurs mentorés; ils m’en ont appris beaucoup plus qu’ils n’ont appris de moi.


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