lundi 3 février 2014
Plus de vingt-neuf ans d’amitié
par Trish Quan
J’ai rencontré ma Grande Soeur, Joyanne, quand j’avais douze ans. Je vivais avec ma mère, ma sœur cadette et mon frère. Quoique nous ayons peu d’argent pour les activités extrascolaires, ma mère était pleine de ressources. Au printemps de 1983, elle m’a proposé l’idée de devenir Petite Sœur. Au départ, l’idée ne m’a pas plus. J’étais persuadée que je n’avais pas besoin d’une quelconque attention particulière. J’étais la grande sœur après tout.
Malgré mes doutes, j’ai décidé de faire un essai. J’ai aimé Joyanne sur-le-champ. Notre première sortie a été d’aller acheter les ingrédients pour faire une pizza. Joyanne m’a toujours laissé prendre les commandes et décider des activités de la journée. Elle s’efforçait toujours de me demander ce que je souhaitais faire. Nous avons eu de nombreuses aventures formidables comme faire du kayak, des randonnées, de la voile, assister à des pièces de théâtre, aller voir un film, magasiner et nous avons fait des voyages à Seattle et à Victoria. Il me revient souvent à l’esprit une citation de Maya Angelou : « Les gens oublieront ce que vous avez dit, les gens oublieront ce que vous avez fait, mais les gens n’oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir ». Joyanne m’a donné l’impression que j’étais spéciale.
En tant que Grande Sœur, Joyanne est le modèle même des qualités si importantes pour les jeunes femmes. J’ai été la première de ma famille à terminer mes études secondaires et à poursuivre des études postsecondaires. Joyanne m’a aidé à voir les possibilités qui s’offraient à moi si je continuais mes études.
En octobre 1991, alors âgée de 40 ans, ma mère a perdu la vie dans un accident de voiture. Joyanne, qui n’était plus qu’à quelques jours d’accoucher de son deuxième enfant, m’a soutenue durant ces jours sombres. Ma mère m’aidait à garder les pieds sur terre. À son décès, j’ai perdu mes points de repère et j’ai traversé une mauvaise passe. Le mentorat et l’attention de Joyanne m’ont aidé à m’en sortir. Le décès de ma mère m’a transformée de façon indescriptible, mais je crois fermement à la résilience. J’ai pu continuer ma vie malgré ma grande douleur, mais sans le soutien de Joyanne, cela aurait été encore beaucoup plus difficile.
Les liens d’amitié que Joyanne et moi avons tissés à travers les Grandes Sœurs sont la base sur laquelle je m’appuie en tant qu’adulte. Ma Grande Sœur est une personne clé dans ma vie. Elle est une inspiration pour moi, je souhaite apprendre d’elle et de continuer d’espérer et de rêver avec elle.
La nôtre est un conte de plus de vingt-neuf ans d’amitié.
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